C’était mon premier film de Wes Anderson hier. J’avais entendu que c’était « barré mais bien ». J’avoue, le DVD de La Vie Aquatique m’a fait coucou quelques fois, à la boutique de location. Mais c’était prendre trop de risques pour un plateau-télé peinard!
Cependant, je n’avais pas trop peur pour Moonrise Kingdom. Il faut savoir que j’admire les films qui jouent avec leur format. Du genre Moulin Rouge, Scott Pilgrim vs. The World ou encore The Artist; les films qui ne ressemblent pas vraiment à des films, quoi! Et on m’avait dit que Moonrise Kingdom était un de ceux-là.
Bryan Lee O’Malley en faisait la réflexion sur Twitter: pourquoi Hollywood ne produit plus que le même genre de films? Pourquoi faire une oeuvre pour le plus grand public, et pas plusieurs pour des publics différents? Actuellement, on ne peut pas produire si ce ne sont pas des films « à suite ».

Moonrise Kingdom, c’est l’exacte antithèse de tout cela. Dès le début, on joue avec le générique d’ouverture, la musique et les noms des acteurs. Tout sent le Do It Yourself et le fait-main, mais avec beaucoup de maîtrise dans les détails. En un mot comme en cent, c’est fait avec amour.
Et puis il y a ce jeu avec le kitsch, mais il a toujours du sens dans l’histoire.
Ce n’est pas du kitsch pour faire rire, ou encore du kitsch qui donnerait du « sens métaphico-empirique à la situation tragique dans laquelle nous sommes tous… » etc etc.
Ce kitsch, je crois qu’il pourrait être défini comme « vivre les émotions de chacun à fond ».
Alors quoi de mieux que du Françoise Hardy pour traduire les premiers émois amoureux? Du Purcell pour les grandes décisions de notre vie? Ou encore un chanteur country pour les balades en forêt?
Bien sûr on rit, on est surpris. Rien que la présence du film chez les scouts, c’est ridicule.
Et finalement, l’est-ce tant que ça? De pouvoir se débrouiller par soi-même, au bord d’une plage ou dans la forêt? De découvrir son autonomie?
Bruce Willis en policier pathétique, c’est ridicule. Et pourtant, n’est-on pas sûr que tout se passera bien grâce à lui, lui qui nous a même sauvé de l’Armaggedon?
J’ai particulièrement aimé les petites tacles du réalisateur envers l’administration, qui écrase par « conscience professionnelle » et qui finalement se retrouve le bec dans l’eau. Mais pour cela il faut se défendre, et faire de son mieux.

En sortant du film, nous sommes allés chez Starbucks. De plein fouet, on se prend cette mode absurde, cette envie de paraître et d’être cool pour…pour quoi, au juste? Dans Moonrise Kingdom, tout est kitsch et ridicule, mais au moins les personnages ont le cran d’être eux-mêmes et de vivre de grandes choses. Et c’est nous à présent, qui avons l’air ridicules.



























